Surgence 19Hiver 2022

Les frères Lumière ont inventé la caméra et la salle (sale) cinématographique, les deux sont des chambres : caméra en latin, c’est la chambre.

Dans l’une vous y allez physiquement, l’autre projette une réalité apparente (parente) qui parfois est attirante ou parfois répugnante à voir. Nous pouvons associer librement à la scène primitive mais le cinéma n’est pas que ça.

Les films Lumière sont une photographie, fauxgraphie, une illusion d’optique, c’est-à-dire l’invention illusoire de la présence à l’image du mouvement dont, jusqu’alors, elle était privée.

Si les frères Lumière, par leur création, ont comblé un manque à l’image, en quoi donc pouvons-nous le rapporter à l’inconscient ?

Au manque et à la castration, nous sommes toujours soumis.

Le cinéma, que permet-il de combler pour nous tous ? Le désir.

Depuis toujours, nous sommes en relation avec l’image, celle du rêve, l’image du désir inconscient et donc du retour du refoulé, par une nouvelle figuration onirique, qui constitue un trésor pour le travail d’interprétation analytique. Le cinéma permet au désir inconscient de surgir et de parler par image pour dire ce qui ne se dit pas avec les mots.

Lacan dans La relation d’objet nous dit : « Un bon film est métonymique, la métonymie qui consiste à faire entendre quelque chose en parlant de tout à fait autre chose. Et de même, la fonction de la perversion du sujet est une fonction métonymique. »

Dans ces journées scientifiques nous aurons à mieux nous rendre compte de ce que le cinéma apporte au sujet.

Sur le chemin vers les journées scientifiques, des fictions font écho aux libres associations que ces titres de films révèlent. Qu’est-ce qui s’écrit derrière ces images ? À quelles histoires se tissent psychanalyse et cinéma ?

La psychanalyse nous dit-elle quelque chose du cinéma ? Le cinéma serait-il une ressource métaphorique pour rendre plus denses et plus intenses les manifestations de l’inconscient ? Dans le film de Kiarostami, Le vent nous emportera (cf. Surgence nº 17 p.144), la poule qui barre le passage, inopinément, de métaphore devient signifiant.

De Rashomon à Touch of evil et Twin Peaks, en passant par Dau et Mrs Dalloway, c’est l’illusion qui nous ravit au cinéma. Entre l’obsession du faire vrai et le charme de la mystification, parfois, l’inattendu arrive, et c’est peut-être là l’instant de la vérité, dont la fiction constitue l’habillage, le leurre.

Qui n’a pas fredonné « la chanson des jumelles », ou encore « la recette du cake d’amour » ? Les demoiselles de Rochefort, Peau d’âne, Les parapluies de Cherbourg..., le cinéma de Jacques Demy – le plus connu du grand public – est musical, coloré, léger et « enchanteur ». Mais une deuxième lecture, plus en profondeur permet d’accéder à des questions plus intimes, graves, sombres, parfois obsédantes ainsi qu’à une dimension onirique, poétique, impliquant des choix d’écriture et de réalisation rigoureux et précis de la part du cinéaste.
Le cinéma et la psychanalyse ont beaucoup à se dire.

La salle s’obscurcit. La séance va commencer. Entrons dans l’univers de Jacques Demy...

La photographie entretient une relation particulière avec le réel : elle fait vrai, de par le procédé même utilisé, un appareil photo soumis aux lois de l’optique. Le photographe se sert des contraintes de ce procédé pour définir une écriture photographique et l’objet produit mêle réel, imaginaire et symbolique. La confrontation avec la photographie en tant qu’art ne nous invite-t-elle pas à interroger notre perception du réel au travers de notre regard.

Dans cet exposé il s’agit de se concentrer sur l’effet de l’image sur le spectateur au cinéma. Sa fascination pourrait être mise en relation avec la théorie de Jacques Lacan sur le stade du miroir qu’il présente à Marienbad en 1936, puis à Zurich le 17 juillet 1949. Tomber dans l’image au cinéma ou sur son iphone peut devenir un symptôme pour empêcher que du vide ne surgisse.

La psychanalyse et le cinéma n’ont rien à voir entre eux. De cette différence, quelle vérité sourd ?

En psychanalyse, la fonction du père c'est celle de la coupure en séance, au cinéma cette fonction est absente, il n'y a que répétition.


Discours d’Assemblée Générale

Matthieu DUTOUR

 Discours d’ouverture à l’Assemblée Générale de la LAF, le 12 septembre 2021,

 

S’associer pour ne pas « groupir »

Matthieu DUTOUR



Plaque commémorative en hommage à Gabriel Balbo à Caxias do Sul, Brésil

Frédéric VITALIS