« Désormais Sans Moi » pourrait s'exclamer le jeune sujet, objet de cette psychiatrie d'inspiration américaine. Dys-qualifié, dys-orienté, dys-socié, le sujet n'est-il pas ainsi condamné à rejoindre la cohorte des exclus, sans autre habitation que celle du handicap ?

La faillite des Etats occidentaux à contenir un monde marchand qui réclame avant tout un citoyen-consommateur docile, rejaillit jusque dans l'organisation de l'éducation et des soins pour l'enfant. Ainsi s'exprime avec insistance la prévalence de l'évaluation, du résultat, de l'effi-science, le thérapeute-coacher se devant de tenir les rênes de l'attelage familial et maîtriser l'enfant.

Mais l'enfant par ses troubles continue de faire scandale: intranquillités, incompréhensions, désobéissances, mensonges ne sont que l'envers d'une conduite qu'il n'adopte pas facilement. Sigmund Freud, dès 1905, inscrit le corps de l'enfant et son organisation fonctionnelle dans une perspective érogène, saisissant qu'ainsi le jeune sujet affirme sa vitale sexualité.

Dans cette perspective n'est-il pas important de redire ce qui caractérise la démarche psychanalytique auprès de l'enfant ? Quand le corps s'en-mêle, comment l'entendre, ni le faire taire, ni en revenir au corps à corps maternant ? Que faire d'une non-demande, prise dans l'exigence des imagos parentaux ? Comment rendre compatible besoin de méconnaître et envie de savoir ?

La Libre Association Freudienne poursuit ses recherches conformément à l'éthique son fondateur Gabriel Balbo, et entend associer à ces journées, ceux qui pourraient se sentir concernés par le « moderne » sort fait à l'enfant: travailleurs sociaux, enseignants, éducateurs, magistrats, soignants ...