Automne 2010

L’actualité paraît remettre en question Totem et tabou. Les peurs se multiplient, la mort paraît être la punition du tabou, au point qu’au consumérisme s’opposent de plus en plus d’interdits, frappant du risque mortel ce qui est consommé !
Ne sont pas en reste le partage des rôles, des droits, des obligations au sein de ce que l’on nomme maintenant « la parentalité », et non plus la parenté : au demeurant, mères porteuses pour d’autres, homoparentalités, mariages homosexuels notamment, laissent penser que le père n’a plus le droit de cité qu’il eut.
La clinique témoigne-t-elle de ces bouleversements ? N’est-elle pas toujours le lieu de recel du juratoire et du conjuratoire ? Le collectif est-il devenu autre chose que le sujet de l’individuel ?
À supposer que tout totem soit caduc, et que l’Action fatale et décisive n’ait jamais été au commencement, le tabou de l’inceste demeure et, comme le religieux, jamais ne fut si fort.
Faut-il alors totalement dissocier le Tabou du Totem ? Faut-il trouver au tabou une nouvelle origine ? Mais quelle serait alors la fonction du Totem ?
Et de quoi tirerait-il encore sa puissance ?