Alors que nous étions au travail autour de la notion de « bonne institution », Gabriel Balbo nous suggéra le signifiant : « congruence ». Notre travail s’en trouva d’un coup transformé en : « Que serait une institution congruente ? ». Transformé mais également enrichi et plus en accord avec ce qui faisait sens de notre démarche.

            « Que serait une institution congruente ? » pour que du sujet de l’inconscient puisse y advenir, ne serait-ce que par pulsation, et que du dire y soit enfin audible et y prenne sens, et n’y soit donc pas seulement in-oui ; une telle interrogation de la question institutionnelle ne va pas de soi, n’est plus si naturelle dans le petit monde des institutions où il est de bon ton justement d’écarter la question de l’inconscient, de le refouler tout en revendiquant par ailleurs « qu’on en connaît bien le principe ». L’inconscient serait donc comme mort, et le sujet piégé par ses comportements déviants et pathologiques ne serait plus qu’un individu à rééduquer, comme on le fait avec des animaux. La psychanalyse de ce fait deviendrait hors science, ou science non grata, inutile car fausse ou même toxique et néfaste dans le monde de la bien pensance. Quid alors du symptôme comme métaphore, formation de l’inconscient ? Quid du transfert ? Quid de la sexualité infantile et de la pulsion ?

Amphithéâtre Blanqui, 9 place Léon Betoulle, derrière la mairie, en plein centre ville de Limoges.
Participation au frais: 50 euros pour les deux journées, 25 euros pour les étudiants de moins de 25 ans et les Auditeurs Libres de la L.A.F.
Pas d'inscription préalable.

A l'occasion de ces journées organisées par la Libre Association Freudienne à Limoges, de multiples interventions questionneront ce concept de congruence dans le champ de la psychanalyse.

Une intervention se tiendra de praticiens de l’Ecole Expérimentale de Bonneuil sur Marne, une autre d’intervenants de l’Ecole de la Neuville créée par Fabienne d’Ortoli et Michel Amram, école parrainée dès sa création par Françoise Dolto ; un psychanalyste qui fut à l’origine du Courtil en Belgique interviendra également, des membres du GRFCCP de Belfort-Montbéliard seront aussi présents.

Il nous apparaît important que divers « courants » psychanalytiques, se référant tous à la psychanalyse telle que Freud nous la légua et que Lacan soumit à une relecture foisonnante et fertile, puissent échanger durant ces deux jours, et trouver peut-être ce que serait la substruction, comme on le disait à Port-Royal, d’une valable institution congruente aux enfants en difficultés.

Laetitia Aucharles   &    Jean-Yves Gauthier